Dimanche 19 Avril 2009, © Vosges Matin
/ EPINAL
Editions Remiremont
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Une première bourdonnante
Julien, 16 ans, a été piqué par le virus, transmis par ses grands-parents, et a décidé d'installer ses propres ruches.
Première visite de printemps pour les apiculteurs spinaliens qui croisent les doigts pour que la cuvée 2009 soit meilleure que 2008. (Photos Laurent FALLOURD)
Le président du syndicat de l'Abeille vosgienne, Christian Morel, espère accueillir de nouveaux adhérents.
Début de saison pour le rucher-école qui invitait hier à la Tranchée de Docelles à une visite de printemps. L'occasion d'un état des lieux pour les anciens et d'une découverte pour d'autres.
Promouvoir le miel et éduquer les nouveaux adhérents. Tels sont les deux objectifs du syndicat des apiculteurs d'Epinal, l'Abeille vosgienne, qui hier après-midi ouvrait les portes de son rucher-école pour la première fois de la saison. L'occasion d'une visite de printemps dont l'objectif principal était de faire le tour de la quinzaine de ruches, en compagnie des anciens et en présence de quelques petits nouveaux. D'hypothétiques futurs membres venus chercher quelques conseils avec l'intention, pourquoi pas, d'adhérer pour le restant de la saison. Julien, 16 ans, a toujours été au contact des abeilles dans le jardin de ses grands-parents. Ces derniers, apiculteurs amateurs, lui ont transmis le virus et, à l'approche des beaux jours, le jeune homme a décidé d'acquérir dix ruches qui prendront prochainement place " dans le jardin de ma grand-mère ", confie-t-il. Pour l'heure, ses boîtes à fabriquer du miel sont vides. " Il faut commencer par le commencement ", explique Geneviève, venue accompagner son petit-fils. Et nous allons lui donner un essaim afin qu'il débute ." Reste ensuite à faire vivre cette petite colonie. " J'ai déjà observé mes grands-parents, mais il est vrai que je ne sais pas trop comment faire ." C'est dire si les conseils prodigués par les membres du syndicat lui seront utiles. " Déjà, cette visite de printemps est l'occasion de faire un état des lieux des ruches ", explique Christian Morel, président du syndicat, un enfumoir à la main. L'outil principal de l'apiculteur s'il ne veut pas risquer une attaque en règle des abeilles. " En les enfumant, on les rend moins agressives, explique-t-il. Il s'agit ensuite de vérifier l'état des grilles et bien entendu de s'assurer de la présence de la reine. Car sans elle, pas d'oeufs et sans oeufs, pas de miel. Place à la jeunesse Pour une production optimum, les apiculteurs doivent en outre s'assurer d'avoir une reine suffisamment jeune. " Si ce n'est pas le cas, nous la changeons. Au syndicat, nous faisons un élevage. Il s'agit en fait d'orpheliner la ruche et; de fait, les autres abeilles vont faire d'un oeuf une reine ", explique l'un des membres. Une bonne partie de la récolte se joue en effet à cette période de l'année. Car d'ici quinze jours, la reine atteindra son maximum en terme de capacité de ponte. " Cela peut aller jusqu'à 2 000 oeufs par jour pendant deux mois ", souligne Christian Morel. Sachant qu'une ruche bien pleine, à la belle saison, peut accueillir autour d'une seule reine jusqu'à 60 000 abeilles. Ça, c'est pour les bons crus. Et les deux dernières années n'ont pas été à la hauteur des espérances des apiculteurs, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Difficile d'en connaître les raisons précises. Disons qu'elles sont multiples. Difficile également de pronostiquer la récolte de la saison à venir. " L'été dernier a été une catastrophe mais nous avons bon espoir. Tous les ans, on pense que ça va être l'année du siècle... mais le siècle ne fait que commencer ", sourit le président qui, à l'image de ses amis de ruche, croise les doigts pour que l'année 2009 soit celle qui permette au moins de faire un peu de stock... aujourd'hui à zéro. E.M.-B. A noter que la ruche-école ouvrira ses portes les 13 et 20 juin pour deux cours d'élevage, en juillet (date à définir) pour la récolte du miel, et les 23 et 24 août, grandes journées portes ouvertes pour tout savoir sur le miel, les abeilles et ceux qui veillent sur elles. Protéger l'environnement Les dernières récoltes n'ont pas été à graver dans les annales. Et l'année 2008 est carrément à effacer des mémoires. Les raisons à cela sont nombreuses, mais les apiculteurs sont eux certains d'une chose : pour avoir du miel, il faut des abeilles en pleine santé, qui se nourrissent de nombreuses espèces... d'où l'importance de la préservation de l'environnement. " Il faut retrouver une certaine biodiversité , estime le président du syndicat des apiculteurs d'Epinal, Christian Morel. Les abeilles ont besoin d'un équilibre dans leur alimentation, comme les humains. Elles ont besoin de pollen de différentes variétés ." Et pour cela, il est bon de rayer de la liste des courses pesticides et autres fongicides. " Nous travaillons également avec la mairie afin que leurs services évitent les grandes pelouses qu'il faut tondre toutes les semaines et pour qu'ils laissent la végétation qui est utile aux abeilles ", explique encore le président, qui se félicite d'ailleurs de ces relations constructives avec la Ville. Après, il faut aussi faire avec les parasites dévastateurs et la météo parfois capricieuse. " Il nous faut de la chaleur et de l'humidité. Cette année, nous avons eu un hiver normal ." De bon augure pour la suite parait-il.
E.M.-B.
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